Quelques indications pour voir clair dans ta vocation…
Être disponible
Il est important que tu sois disponible afin de prendre le temps de t’arrêter, de réfléchir et de prier. Quelle que soit l’invitation que veut te faire le Seigneur en ce qui concerne ta vie, tu dois demeurer ouvert aux signes qu’Il te fait, dans une attitude d’accueil et de confiance. Des signes, il y en a. Un accompagnateur spirituel et des sessions vocationnelles peuvent t’aider à les identifier.
Prêter attention aux événements de ta vie
Sois à l’écoute des événements, et tu pourras découvrir que le Seigneur, depuis longtemps peut-être, ne cesse de préparer ton cœur au service du royaume. La vie t’a donné des parents, des amis, des expériences de vie, des épreuves parfois douloureuses. Tout peut te préparer à demain: les goûts que tu as, les activités scolaires et sociales que tu poursuis.
Première approche
Ce que tu es en train d’entreprendre est vraiment chose sérieuse : tu n’es pas tout simplement invité à changer de milieu, de goût ou de travail, mais plutôt à convertir radicalement ta vie intérieure.
As-tu un accompagnateur spirituel?
Il est essentiel de pouvoir vérifier, auprès d’un directeur spirituel, l’appel que tu crois avoir reçu du Seigneur. Le directeur spirituel est tout simplement un homme ou une femme de confiance, qui a du temps pour parler avec toi. Cette personne peut être un prêtre, un religieux, une religieuse, un ou une laïque. N’aie pas peur de te faire connaître en profondeur et de te laisser guider par ton directeur spirituel.
Un Franciscain pour t’accompagner
Bien entendu, tu peux toujours frapper à la porte d’une communauté franciscaine et te renseigner, même si l’avenir n’est pas encore vraiment clair pour toi.
S’il n’y a pas de franciscain ni de communauté franciscaine près de chez toi pour t’accueillir, tu peux toujours communiquer directement avec le responsable provincial du Service de l’accueil des candidats à la vie franciscaine (ou responsable des vocations). Il sera toujours prêt à te recevoir et à t’accompagner dans ta recherche.
« Moi, je veux entrer tout de suite dans une maison franciscaine. »
C’est normal de vouloir tout de suite t’engager dans la démarche vocationnelle. Il est toutefois essentiel de prendre le temps de bien te préparer. « Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout? » (Lc 14,28).
Continue à vivre dans le milieu où tu habites tout en préparant ton coeur et à te donner entièrement afin de trouver le Christ et éventuellement des frères. Bien que les motivations pour entrer en vie religieuse franciscaine puissent relever d’une réaction humaine normale, il est nécessaire qu’apparaisse de plus en plus clairement une motivation de foi : le don total de soi par amour du Christ et des pauvres. En d’autres mots, il faut que se manifeste en toi une recherche spirituelle authentique.
Il est bon aussi que cette recherche spirituelle ait commencé à s’incarner dans des attitudes concrètes. Par exemple : as-tu exploré les possibilités de prier quotidiennement, de venir en aide à des proches dans le besoin, de poursuivre des études avec sérieux, de travailler pour gagner ta vie, d’offrir ton concours à des organismes communautaires ou à une paroisse, afin de pouvoir donner de ta personne?
Rencontres de discernement et Journées vocationnelles
« Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux; je les soignai de tout mon coeur; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et dis adieu au monde » (Saint François d’Assise, dans son Testament vv. 1-3).
À partir du moment où tu identifies pour la première fois ton appel vocationnel, jusqu’au moment de prendre une décision éclairée et ferme qui concernera toute ta vie, il te faudra t’arrêter au moins quelques mois… et peut-être plus. Au cours de cette étape, les rencontres vocationnelles personnelles (avec le Responsable des Vocations) ou en groupe avec d’autres jeunes sont des lieux importants et nécessaires pour t’aider à voir si ta vocation est authentique et si tu as les qualités requises pour cette forme de vie religieuse et franciscaine.
Pour favoriser l’approfondissement de ta démarche de recherche et de discernement, tu seras aussi invité à expérimenter de plus près ce qu’est la vie franciscaine à travers les rencontres avec d’autres frères franciscains, les visites dans des maisons franciscaines, la participation à certaines activités de nos fraternités (prières, repas etc.), ainsi qu’à des journées vocationnelles qui rassemblent les candidats à la vie franciscaine.
Quand tu te sentiras prêt, le Responsable des vocations te proposera de faire une demande officielle au Ministre provincial en vue de ton admission à la première étape de formation initiale chez les Franciscains : le Postulat.
La formation initiale
Nous aimons dire que la formation initiale sert à faire émerger « l’homme, le chrétien et le franciscain ». Elle comprend donc trois dimensions : croissance personnelle, spirituelle et franciscaine. Durant ces années de formation, le candidat est assisté dans le développement de sa personnalité et de sa compréhension de la foi chrétienne et du charisme franciscain. Il apprendra à vivre et à travailler en tant que « frère mineur », dans l’Église et pour le monde. La formation initiale comprend trois étapes.
Le postulat
Pendant la période de postulat (qui peut durer d’une à deux années), le candidat se rapproche de la fraternité et commence à vivre des stages parmi les frères. Plus tard, il partagera la vie d’une fraternité pendant six mois, au moins. Par le biais de formations diverses, de lectures et d’accompagnement spirituel, il vérifiera — au quotidien — si la vie de frère mineur est bien son appel. Il commencera à y développer les qualités nécessaires à la vie communautaire.
Le noviciat
En tant que novice, le candidat approfondit sa relation avec Dieu. Il vit, par un temps de retrait de toute activité extérieure, une période intensive de formation dans le charisme franciscain. Il apprend à connaître François et les Franciscains, la vie de prière et d’adoration, les origines et les traditions de l’Ordre. À la fin de son année de noviciat, le candidat prononce ses vœux (pauvreté, chasteté et obéissance) pour la première fois. Il est, dès lors, reconnu comme un frère mineur.
Les vœux simples
Les vœux simples seront renouvelés chaque année, ce qui signifie que le jeune frère s’engage à chaque fois pour un an. Au terme d’une période de 3 à 8 ans, il s’engage pour la vie, ce qu’on appelle la « profession solennelle ».
Les premières années, le jeune frère apprend un métier — s’il n’en a pas — ou complète sa formation en vue du type d’engagement qu’il veut assumer dans l’Église et le monde. Quelle que soit son occupation principale, le frère en vœux simples continue de consacrer beaucoup de temps à la formation franciscaine (week-ends, lectures, sessions variées, accompagnement spirituel, etc.).
La période de formation initiale se termine lorsque le frère s’engage définitivement dans la communauté. Le processus complet, entre la première demande et l’engagement définitif, dure donc au moins six ans.
Les vœux solennels et la prêtrise
Au terme des trois ans (ou plus) d’engagement temporaire, le profès demande par écrit au Ministre provincial de s’engager à vie dans l’Ordre des frères Mineurs (les Franciscains). Cette profession perpétuelle est célébrée de façon solennelle, en présence de tous les frères de la Province et de la famille du frère. Cet engagement perpétuel ouvre l’accès – chez les religieux qui s’y sentent appelés – au diaconat et au presbytérat (ou prêtrise).
Les frères qui ne se destinent pas au presbytérat peuvent alors poursuivre les études et acquérir les habiletés qui leur permettront de mieux servir l’Église, les pauvres et le monde, à partir d’une couleur qui leur est propre.
L’habit franciscain
L’habit franciscain s’appelle « bure ». Ce terme désigne un long vêtement en forme de croix, fabriqué d’un tissu de laine assez grossier, de couleur brune ou écrue. Une ceinture de corde blanche sert à attacher la bure à la taille. Les trois nœuds de cette corde servent à rappeler les trois vœux évangéliques qui sont à la base de la vie franciscaine.
La bure – qui a une forte portée symbolique et spirituelle – est portée, lors de fêtes ou de rassemblements, par tous les Franciscains. Dans le quotidien, certains choisissent de toujours porter la bure, certains portent les vêtements simples d’aujourd’hui, d’autres s’adaptent aux exigences de leur milieu de travail et d’autres, enfin, ont opté pour une version raccourcie de la bure, qui permet une plus grande facilité de mouvement.