Nos valeurs depuis 800 ans:   
pauvreté, simplicité, humilité, justice,   
paix, joie en Dieu et fraternité universelle   
               

                  

Origine de l’ordre des frères mineurs    










À l’origine des Franciscains : saint François d’Assise

François est issu d’une famille riche. Il vit comme tous les jeunes gens de son époque diverses expériences : les fêtes, les escapades, la guerre durant laquelle il est fait prisonnier et souffre de maladie. Durant sa guérison, il ressent une insatisfaction profonde face à la vie.

Un jour, en écoutant un passage d’Évangile, il comprend l’importance d’aimer. Il transforme alors sa vie, se fait pauvre, se soucie d’annoncer les messages de joie, d’espoir et d’amour contenus dans la Bible, et de porter la paix aux gens et à toute la création.

Origine de l’Ordre des frères mineurs

 Voici l’origine des Franciscains, dont le nom officiel est l’Ordre des Frères mineurs, appelé aussi le Premier Ordre. À l’hiver de 1206-1207, Francesco Bernardone, un jeune homme de la ville d’Assise, renonce publiquement à l’héritage de son père et annonce qu’il « n’a désormais que Dieu pour Père ». Il délaisse la vie qu’il menait (richesses, fêtes, popularité, etc.) et commence à secourir les lépreux. Il fréquente alors les petits, les rejetés et les marginalisés de son époque. Pendant deux ans, il vit comme un mendiant et restaure trois chapelles : Saint-Damien, Saint-Pierre et Notre-Dame-des-Anges, surnommée la « Portioncule ».

Il passe d’abord pour un excentrique, certains croient même avoir affaire à un fou, mais tranquillement, des hommes se joignent à lui et adoptent son style de vie pauvre et priant. Le premier est un homme très riche et influent : Bernard de Quintavalle. Plus tard, Pierre de Catane se joint à eux. Bientôt neuf autres viennent prendre part à la « folie d’Assise ». Ils deviennent les douze « pénitents d’Assise ». Ils ne possèdent aucun lieu fixe ou propriété. Au début, quelques consignes données par François lui-même suffisent, mais bientôt le groupe augmente et une forme de vie plus précise devient nécessaire. Le pape autorise la fondation de la petite communauté, d’abord oralement, en 1208, puis François écrira une Règle de vie qui sera approuvée en 1223.

Les premiers missionnaires

Les fils de François d’Assise prirent des noms divers au cours des siècles : Franciscains, Capucins, Conventuels, Observants, Réformés, Déchaussés, Alcantarins et Récollets. Ce dernier nom nous plonge aux origines de l’histoire de notre pays.

De 1615 à 1629

Les Récollets débarquèrent à Québec avec Champlain, en 1615. Ils y demeurèrent 14 ans, jusqu’à la conquête de Québec par les frères Kirke en 1629.

De 1670 à 1848

Après une absence de 40 ans, les Récollets revinrent en 1670, s’établissant dans la basse ville de Québec, où l’Hôpital Général perpétue leur passage. Puis, sur le Cap Diamant, ils érigèrent un couvent qui subit l’incendie, entre l’actuel Château Frontenac et la rue du Trésor, où s’élève un monument aux Récollets.

La Gaspésie, Terre-Neuve et Montréal les reçurent. Frère Didace Pelletier, charpentier diplômé, construisit des chapelles à divers endroits, notamment à Trois-Rivières (site de l’église anglicane), à Sainte-Anne-de-Beaupré et sur l’île Bonaventure, en face de Percé.

Les Récollets furent 370, durant cette période, à s’occuper de la pastorale dans les forts et dans plus de cent paroisses sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Octave Crémazie a écrit son poème fameux « Ô Carillon » en l’honneur des fils de saint François. Mais les conquérants anglais de 1759 défendirent aux communautés d’origine européenne de se recruter; c’est vers 1830 que s’éteignit au Québec le dernier Récollet.

De 1890 à aujourd’hui

Le retour des Franciscains au Canada a été préparé par l’Ordre franciscain séculier et par le Père Frédéric Janssoone, de passage au Canada dès 1881. Les Franciscains sont arrivés à Montréal en 1890, à proximité de la rue Atwater et du boulevard René-Lévesque, où s’élevait le premier couvent. Depuis, ils se sont répandus dans tout le Canada, en y vivant le charisme franciscain.

Les Franciscains du Québec

Comme Frères Mineurs Franciscains, nous avons tenu allumé en ce coin de pays le flambeau du charisme franciscain. Pas seuls, mais avec d’autres bien sûr – nos frères Capucins, les Clarisses et l’Ordre franciscain séculier. J’en veux pour preuve les centaines de frères qui, par leur consécration, ont donné et donnent encore leur vie – leur unique vie – pour l’avènement du Royaume de Dieu.

Un passé de présence et de service (1890-1990)

Odoric Bouffard écrit dans le livre La Province Saint-Joseph : « Je ne peux te voir dans ton état actuel sans me souvenir: tout ce temps que j’ai passé avec toi, depuis 1923, où tu m’apparaissais, les jours de fête, sous les traits rondelets du P. Jean-Joseph… Tu prenais parfois de grands airs: un évêque franciscain nous visitait (Mgr Dreyer ou Hiral); un savant passait: le P. Éphrem Longpré par exemple. Il était des nôtres, lui aussi. On nous parlait d’un groupe de confrères, cloîtrés comme lui avec leurs vieux livres franciscains à Quaracchi, près de Florence… C’est ainsi que nous nous apprivoisions avec cette famille qui se moquait éperdument des frontières. Tu étais en Chine, au Japon. Tu nous nous semblais partout. … »

De fait, c’est le sentiment ressenti en parcourant les deux tomes de C’était mon frère, sur les frères défunts de notre Province : « Tu me sembles partout. » La première impression est donc celle d’être en face d’un nomadisme caractérisé, en face d’une présence multipliée comme le pain. À chaque page ou presque figurent les noms de ceux qui ont passé 15, 25, 45 ans en Terre Sainte, au Japon, en Chine, au Pérou ou à Rome, quand ce n’est pas aux quatre coins du Canada ou dans nos maisons disséminées en terre québécoise. Dans ces livres apparaît aussi la diversité des lieux de présence dans la cité séculière. Les frères semblent avoir été partout. Voilà sans doute la réédition originale, made in Canada, du chapitre 6 de notre Règle intitulé: « Pèlerins et étrangers en ce monde ».

Nous pourrions déjà diagnostiquer, à la seule lecture de ces nécrologies, une ouverture certaine au monde et une impressionnante internationalité. Cependant, la majeure partie des frères était sur place, au pays, et oeuvrait au sein de leur communauté d’appartenance. Tous les jours, ces frères bénéficiaient de services provinciaux essentiels à un groupe comme le nôtre. C’est la face cachée de l’iceberg. En cent ans, il a fallu, dans le quotidien, que beaucoup de frères travaillent pour leurs autres frères, au plan de la formation, du gouvernement, des services essentiels, pour assurer d’abord une qualité de vie franciscaine avec son label d’authenticité. Il a fallu surtout que les frères, même les plus engagés, vivent ensemble et sachent s’organiser pour survivre, à tous points de vue. Une Province de 600 frères, comme la nôtre en 1958, a eu, depuis cent ans, 25 Ministres provinciaux et autant de Custodes, qui ont exercé le ministère de l’unité et de la charité. En termes juridiques, le Droit stipule qu’ils tiennent des fonctions de gouvernement. Si l’on compte, au fil des ans, le nombre de leurs assistants et les membres de leur Définitoire (Conseil), cela fait encore quelques centaines. Il faut ajouter à cela deux cents préposés à l’animation des communautés (Gardiens), et autant désignés à la formation des jeunes frères et aux études.

Roland Bonenfant, o.f.m.